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Le lac d'Annecy possède plusieurs exemples de petites cités lacustres et de >> sites palafittes, villages préhistoriques du Néolithique et de l'Âge du bronze final. Ils étaient implantés sur le territoire d'Annecy au bord du Thiou et tout autour du lac (à >> Sévrier, Saint-Jorioz, Talloires, Annecy-le-Vieux, etc.). Le niveau du lac était plus bas à l'époque, et les pilotis que l'on a retrouvés, notamment non loin de l'île des Cygnes, étaient des pieux enfoncés dans le sol servant d'armature verticale aux cabanes construites au bord de l'eau. Cette hypothèse a été confirmée par la découverte à Sévrier d'un four de potier encore en place au fond du lac.

Ces vestiges montrent que des populations occupaient déjà le bord du lac depuis le début du Néolithique. Dès le 6e millénaire av. J.-C., des chasseurs-cueilleurs sont présents, puis entre -4000 et -900 av. J.-C., ils ont été rejoints par des cultivateurs, des pêcheurs, des artisans bronziers et des potiers.

Les tribus gauloises des Allobroges occupent très tôt les Pré-alpes de Savoie et les rives des grands lacs, certainement dès le début du 4e siècle avant notre ère et peut-être même avant. Ces guerriers ont laissé assez peu de témoignages de leur présence ; cependant, ils ont eu très vite des contacts commerciaux avec les territoires du Piémont.


À l'occasion du passage des Alpes par Hannibal en -218, Polybe évoque pour la première fois le peuple des Allobroges, au 2e siècle avant notre ère.

En -121, les Allobroges sont vaincus par le consul Quintus Fabius Maximus dit « allobrogique ». Par la suite, malgré une forte résistance et des rébellions contre les lourds impôts romains, les Allobroges sont définitivement battus par les légions romaines en -62, ce qui ouvre leurs terres à la colonisation romaine, et donne aux Romains le contrôle du passage stratégique au nord des Alpes. Avec l'arrivée des Romains la région se romanise entièrement.

Entre la première et la seconde moitié du 1er siècle av. J.-C., un village allobroge (de simples cabanes) apparaît dans la plaine des Fins au nord du lac. Ce village aurait peut-être succédé à un > oppidum juché sur le roc du Semnoz et serait le proto-ancêtre de la ville d'Annecy et le point de départ du > vicus gallo-romain.

illustration 1) Essai de topographie gallo-romaine, le > vicus de Boutae correspond au triangle noir, des > fundi et villae sont dispersé-e-s tout autour sur un vaste territoire
Pierre Broise, 1965

C'est seulement sous le règne d'Auguste, soit à partir de 27 av. J.-C., que l'on a la certitude d'un établissement romain à cet endroit : le > vicus de Boutae, qui se développe entre les actuelles avenues de Genève et des Iles et l'actuelle rue du Bel-Air, surtout après l'ouverture de la voie transalpine, dépendant d'abord de la civitas (cité) de Vienne, puis de Genève.

Il se situait à l'emplacement d'un gîte d'étape (mansio) de la poste impériale. Le nom viendrait de Boutus, personnage celtique, connu dans l'épigraphie latine.

Centre artisanal et commercial très actif, il couvrira entre 25 et 30 hectares sous le Haut-Empire, abrita jusqu'à 2'000 habitants et dispose entre autres d'un grand et d'un petit forum, d'une basilique (édifice civil), de temples, de thermes, d'un théâtre et de divers entrepôts de marchandises. Les activités économiques sont très diverses et Boutae commerce avec la Gaule, mais aussi avec l'Italie (céramique de Toscane) et l'Espagne (amphores d'Andalousie), et même la Maurétanie (lampes).

À la chute de l'Empire romain, les grandes invasions engendrent une telle insécurité que la ville dépérit complètement.


En effet, avec l'affaiblissement de l'Empire romain, de nombreux peuples barbares déferlent successivement sur la Gaule. En 259, le vicus subit une importante attaque, est rasé et sa population massacrée. Les survivants se réfugient dans les grottes du mont Veyrier. Les ruines des bâtiments et quartiers sont finalement scellées par un remblai daté du 3e siècle. Restauré sur la base d'une friche urbaine récente, Boutae connaît un nouvel essor au siècle suivant, mais, lors des grandes invasions du début du 5e siècle, le vicus est incendié et définitivement détruit.

Les Burgondes occupent la région, et semble s'être précocement installés depuis 443 à Boutae et dans leur nouveau royaume avec Genève pour capitale ; région qui est ensuite annexée par les Francs au 6e siècle. Bien qu'en partie abandonnée durant l'Antiquité tardive, le vicus est encore occupé au début du Haut Moyen-âge, comme en témoigne la présence de tombes de traditions « germaniques », signalées depuis le 19e siècle, plus ou moins isolées au sein de l'habitat abandonné ou regroupées à l'ouest de la ville. L'abandon des espaces funéraires, à la fin du 7e siècle, correspond à la disparition définitive de Boutae. L'insécurité grandissante contraint les habitants à abandonner la plaine pour les collines voisines, comme l'atteste le domaine agricole de la villa « Anniciaca » (sur la colline d'Annecy-le-Vieux) au 8e siècle, qui devient un domaine royal au siècle suivant.


L'héritage de Boutae

Une fresque en trompe-l'œil - ndr: d'inspiration plutôt gréco-romaine à mon goût - ornait les murs aveugles de divers bâtiments en face de la place des Romains, avant d'être détruite au début des années 2010 pour la construction de nouveaux immeubles.

Toponymie

Les > fundi et > villae aux alentours de Boutae ont d'avantage laissé leurs traces sur les noms des quartiers, lieux-dits anciens et actuels et rues d'Annecy et des environs. Nommés d'après leurs propriétaires de l'époque, on retrouve donc Albiniacus dans Albigny, Broniacus dans Brogny, Aleriaca dans Aléry et Frontinacus dans Frontenex, entre autres.

La place, l'avenue et l'impasse des Romains, la rue du Forum sont les témoins évidents de la présence de Boutae et de la culture gallo-romaine dans ce secteur de la ville, même si cela semble être les seules autres traces contemporaines en terme de toponymie locale.

Pourtant, dès la création du bourg d'Annecy-le-Neuf au 11e siècle, la porte nord et la route en direction de Genève portent le nom de Porte de Boutz et Faubourg de Boutz, en référence directe au > vicus de Boutae, dont une partie des terrains servent encore de site funéraire pendant une partie du Moyen-âge. C'est à la Renaissance ou à l'époque moderne que l'étymologie latine est substituée à l'étymologie celte, et que cette « déviation étymologique » entraînera le renommage de Boutz en Bœuf dans une partie de la littérature locale... Des taureaux (ndr: quel rapport avec les bœufs ?) seront même placés de part et d'autre du blason d'Annecy pendant un certain temps.

Enfin, dernière trace, en dehors de la toponymie, et très discrète car noyée dans le paysage urbain, certains axes majeurs de communication d'aujourd'hui reprennent peu ou prou les tracés des anciennes voies romaines - impériales, secondaires et de desserte locale - tels que les avenues de Genève et d'Aix-les-Bains, les avenues de Cran/de la République en direction de Meythet, l'ancienne route d'Annecy à Faverges par le boulevard de la Corniche via la Puya...


Hier/aujourd'hui : Annecy en 1732 - mur d'enceinte, portes et propriétés ecclésiastiques édito

Construit dès le XIIIe siècle, le mur d'enceinte d'Annecy est censé protéger ses occupants des attaques ou des guerres. Composée d'une ceinture de courtines et de tours, une partie de cette enceinte s'appuie sur des murs (...)

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contenu publié le dim. 23 janvier 2022.

mot(s) clé(s) : haute-savoie hier et aujourd'hui histoire


Les vestiges visibles et invisibles

Les vestiges des thermes publics de Boutae sont en partis visibles sous l'actuelle maison de retraite, baptisée fort à propos « La Villa Romaine », au N° 36 de l'avenue des Romains.

Aux numéros 39 et 41 de la même avenue, un site de fouille de 1'800 m² a mis au jour en 2016 la présence d'un site funéraire tardif de 227 tombes, fraction d'un plus vaste ensemble dispersé sur les ruines du vicus. Orientées nord-ouest/sud-est pour la plupart, ces tombes présentent de nombreux types : coffrages de bois calés au moyen de matériaux de récupération divers, troncs évidés, coffrages alliant planches et matériaux non périssables, ainsi qu'un nombre important de coffrages en dalles de molasse. Une trentaine de sépultures étaient gratifiées de mobilier de qualité, porté ou volontairement disposé dans la fosse. Le mobilier appartient le plus souvent à un assemblage régional de tradition alamane, comme c'est le cas autour du Lac Léman et dans la vallée rhénane autour de Bâle.

Les objets archéologiques

Une statuette de Jupiter en bronze aurait été découverte en 1672 lors de la construction de la chapelle de Provins à Annecy-le-Vieux.

Découverte par hasard en 1867 dans l'angle nord-est du forum, une main en bronze appartenant à une statue monumentale - dont la hauteur est estimée à plus de 2 m. de haut - se trouve aujourd'hui à l'Académie Florimontane. Le port d'une bague à l'annulaire permet d'identifier ce fragment comme celui d'une statue d'un dignitaire : un empereur ou un haut-gradé militaire.
D'autres fragments, découverts en plusieurs points de la ville, permettent de supposer l'existence de plusieurs statues de grandes tailles, en bronze comme en pierre.

illustration 2) Fresque face à la Place des romains, artiste inconnu ; fresque aujourd'hui disparue
capture d'écran Google Street View - juin 2008
illustration 3) Monument romain de la plaine des Fins
(éditeur inconnu)
Si la colonne est d'époque, la gravure - elle - est contemporaine...

Il est possible qu'avant la fin du 19e siècle, de nombreux éléments, simples pierres gravées comme objets du quotidien, ou d'autres plus précieux, aient été extraits lors de fouilles sauvages ou de découvertes fortuites, et aient rejoints des collections privées.

Plusieurs centaines d'objets archéologiques ont tout de même été exhumés des différentes fouilles sur les sites découverts, sur la commune historique d'Annecy comme dans les communes déléguées de la ville nouvelle. Épingles de coiffure, aiguilles et un peigne en os, mais aussi des éléments plus surprenants comme des charnières de meubles et des déchets produits lors de la fabrication d'autres objets. Des vases, gobelets, coupes, bols, jattes et cruches de belle facture, provenant d'ateliers locaux et d'une boutique située à proximité du théâtre antique, côtoient des importations venant d'aussi loin que l'Afrique du Nord (Maurétanie, pays berbère sur l'actuel Maroc).
Plus rares à trouver lors des fouilles car plus fragiles, des pièces en verre montrent également toute la maîtrise dont faisaient preuve les verriers antiques.
Des pièces de monnaies provenant de fouilles sur l'avenue de Genève et à Annecy-le-Vieux présentent pour la plupart, sur l'avers et le revers (pile et face), des personnages importants de l'époque.

illustration 4) Céramiques, bien que d'aspects différents, ces vases du 3e siècle proviendraient d'un même atelier, dont la boutique a été retrouvée en 1986 à proximité des thermes ; Coll. Département de la Haute-Savoie
cliché © CD74 - Buttermilk
illustration 5) Main d'une statue monumentale en bronze ; Coll. Académie Florimontane ; N° inv. 121
cliché © DR
illustration 6) Vase en forme de sanglier, petit vase en terre cuite découvert lors de fouilles menées au début du 20e siècle, au niveau de la rocade actuelle ; Coll. Musée-Château ; N° inv. 14394.1
cliché © CD74 - Buttermilk

Un important domaine rural, composé de deux bâtiments, fut découvert à Annecy-le-Vieux, sur le site des Ilettes, visiblement victime d'un incendie au 3e siècle. Dans certaines pièces, les enduits décorés de peintures, datés de la deuxième moitié du 2e siècle, étaient toujours en place lors des fouilles réalisées entre 1978 et 1984 et ont fait l'objet d'une reconstitution soignée.

En 2001 et 2005, les deux campagnes de fouilles de la >> caserne Galbert ont permis la découverte de divers vestiges, dont une petite nécropole familiale.
La participation d'un xylologue (spécialiste du bois) a notamment permis de reconstituer des éléments presque entièrement disparus dans le sol, comme la caisse en bois qui protégeait une petite boîte comprenant les cendres d'un défunt.

Les restes d'un four de tuilier, fouillé en 2007 à Annecy-le-Vieux, ainsi que d'imposants outils en fer et des pesons de métiers à tisser, nous renseignent sur les activités artisanales essentielles à la vie quotidienne.
Cet artisanat de proximité était le fruit de travailleurs spécialisés, dont le métier a perduré jusqu'à nos jours parmi les professions traditionnelles.


Rédaction : Cédric Cuz


Contributions : --


Publication initiale : 18 janvier 2024


Mises à jour : 04 février 2024 (ajustements de la charte graphique)


Chronologie et repères temporels :
  • 4000-3058 avant J.-C. : construction du premier village littoral néolithique à Annecy-le-Vieux,
  • ...
  • entre 50 et 27 avant J.-C. : naissance du vicus gallo-romain de Boutae,  dont la population est estimée à 2'000 habitants,
  • ...
  • 260-277  : invasions alamaniques, incendie de Boutae,
  • ...
  • 443 : arrivée des Burgondes en Sapaudia (Savoie),
  • ...
  • XIe siècle : naissance de la bourgade d'Annecy-le-Neuf au pied d'une tour de défense édifiée sur le dernier contrefort du Semnoz.

Sources :

Lexique

Le terme vicus désigne une notion collective pour tous les types d'implantation qui n'avaient pas le statut de ville : municipium, colonia et civitas ou encore de domaine rural : villa rustica. Vicus (vici au pluriel) désignait pour les Romains tant un « quartier urbain » ou une « rangée de maisons » qu'une implantation plus importante que ses fonctions nous feraient qualifier aujourd'hui de bourg ou « petite ville de province ».

Cette bourgade rurale a un rôle particulier dans le système provincial, et peut être en rapport avec :

  • un grand domaine,
  • un carrefour routier,
  • une activité artisanale,
  • un sanctuaire.

La bourgade de Boutae occupe une position stratégique au carrefour de trois voies romaines : au nord, la voie impériale menant à Genua (Genève) ; au sud, la voie impériale menant à Casuaria (Faverges) ; au sud-ouest, la voie secondaire menant à Aquae (Aix-les-Bains). Boutae se trouve aussi sur la voie impériale menant au col du Petit Saint-Bernard qui relie la Gaule et l'Italie, voie attestée par l'Itinéraire d'Antonin, et également non loin de l'axe stratégique permettant de relier Genève à Lyon et à Vienne...


Le terme fundus (fundi au pluriel) désigne un domaine foncier, un fonds de terre (parcelle), une propriété, un domaine, composé d'un ou plusieurs bâtiments d'habitation et un ou plusieurs bâtiments annexes. Un fundus n'est pas doté des infrastructures publiques d'une bourgade.


Le terme oppidum est le nom donné à un type d'habitat protohistorique fortifié. Il bénéficie presque toujours de défenses naturelles liées à son implantation sur des lieux d'accès difficile : soit en position de surplomb ; soit dans un contexte d'isolement hydrographique.

Bien qu'aucune trace archéologique n'est atteste la présence, plusieurs hypothèses parlent de la présence d'un tel habitat soit sur le dernier contrefort rocheux du Semnoz (où s'implantera le château), soit un peu plus loin à l'embouchure du ruisseau de l'Isernon dans le Thiou, soit sur la petite île naturelle au milieu du Thiou (où sera construit la maison-forte puis le Palais de l'Isle).


Le terme portus désigne un port ou un quai, situé sur le littoral maritime, sur les berges d'un lac ou sur un cours d'eau, et destiné à accueillir des bateaux et navires.

Il semble attesté qu'il existait des installations portuaires le long du Thiou, non encore canalisé, qui étaient animées par des bateliers et également par des rouliers au bas de la voie de la Puya en direction de Casuaria (Faverges).


Le terme villa (villae au pluriel) désigne là aussi un domaine foncier, mais avec la nuance d'un seul bâtiment d'habitation et un ou plusieurs bâtiments annexes, bien qu'il existe différents types et tailles de villae.

Fundi
Albigny Albiniacus
Annecy-le-Vieux Aniciacus
Brogny Am Broniacus
Frontenex Frontinacus
Gevrier Gabriacus
Les Barattes -

Oppidum (supposé)
Isernon -

Portus
Annecy -

Dans les archives de killeak.net

Salon, exposition, foireHaute-Savoie – France

du ven. 29 novembre 2019 au lun. 23 mars 2020

« Passé à la loupe » - Enquêtes sur les trésors romains d'Annecy

affiche/visuel « « Passé à la loupe » - Enquêtes sur les trésors romains d'Annecy »
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Annecy, Haute-Savoie, France

L'exposition présente l'archéologie d'aujourd'hui, une science pluridisciplinaire qui a su évoluer au fil du temps.
L'archéologie évoque facilement en nous des images de chantiers et de fouilles. On connaît moins les travaux réalisés sur les objets après leur découverte. Ces domaines d'expertise de l'archéologie sont mis à l'honneur dans cette exposition, comme autant de maillons d'une enquête passionnante sur notre passé : analyses, restaurations, conservation, restitutions, etc.
Près de 400 objets archéologiques découverts dans la commune nouvelle d'Annecy illustrent la diversité de ces approches. Ces témoignages du passé de l'antique Boutae* et de ses alentours esquissent la vie quotidienne à l'époque romaine en Haute-Savoie entre le 1er siècle avant notre ère et le 5e siècle. Des pièces souvent étonnantes, d'une richesse insoupçonnée, qui stimulent l'esprit scientifique du visiteur.
Exposition en coproduction avec le Département de la Haute-Savoie et en partenariat avec l'Inrap.
Musée-Château d'Annecy, tous les jours sauf le mardi, de 10h à 12h00 et de 14h à 17h00.


* Nom de la ville d'Annecy à l'époque romaine


site internet


mot(s) clé(s) : exposition haute-savoie musée château


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