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« Mémoires d'ici » propose des transcriptions de panneaux historiques et culturels situés à différents endroits d'Annecy.

Suite de la transcription d'articles de la série « Histoires d'eaux », avec avec un retour sur le projet un peu fou de transporter l'eau du lac d'Annecy jusqu'à... la capitale des Gaules, Lyon (!).


Histoires d'eaux | Les eaux du lac d'Annecy à Lyon

C'est en 1886 que naît le projet de captation des eaux du lac d'Annecy pour alimenter Lyon en eau potable et en force motrice. Mais le service des Ponts et Chaussées, soucieux des intérêts de la navigation, de la salubrité et de l'industrie locale ne le validera jamais, préservant ainsi la future ressource en eau potable d'Annecy.

Un audacieux projet

En 1886, l'ingénieur Ernest Deligny propose à la ville de Lyon, qui étudie un moyen d'augmenter ses ressources en eau potable, de conduire quotidiennement 600'000 m³ d'eau puisée dans le lac d'Annecy jusqu'à La Pape par un aqueduc de 136 km. Pour augmenter la quantité d'eau disponible, l'audacieux ingénieur envisage de dériver le Fier et l'Arly dans le plan d'eau. Cette eau serait destinée à l'alimentation en eau potable, aux services publics, à l'industrie et à la création d'une force motrice hydraulique. Arrivé trop tard, ce projet ne sera pas examiné par le conseil municipal, mais il inspirera un homme d'affaires, Victor Granottier, et son ingénieur, Lombard-Gerin, qui le reprennent à leur compte.


Lyon ne boira pas l'eau du lac

Ce n'est qu'en 1889 que le maire d'Annecy est informé des intentions de V. Granottier. Les ingénieurs des Ponts et Chaussées chargées d'instruire le dossier par le ministre des Travaux publics se montrent très réservés et craignent que le débit des torrents dérivés (Borne, Fier et Arly) soit fortement surestimé. Pour atteindre les 7,5 m³ par seconde à rendre au lac, V. Granottier propose de dériver le Fier grossi de l'Arve en 1892, puis l'Arve, le Nant-Bon, l'Arondine, l'Arly, le Borne et le Fier en 1897. L'épineux problème des dérivations aura raison du rêve de l'obstiné entrepreneur.


Annecy a soif

En 1884, Annecy se voit contrainte de mettre ses ressources en eau à la hauteur de ses besoins. Le conseiller municipal Marius Vallin, qui nourrit de grandes ambitions pour sa ville, estime que seul le plan d'eau est en mesure d'assurer les besoins d'une ville moderne. Il fait établir, en 1886, un rapport par M. Forel - un spécialiste suisse des eaux lacustres - qui conclut à la parfaite potabilité du lac. Malgré tout, en 1887, ses collègues très prévenus contre cette eau, optent pour la source du Var. Cette décision laisse le champ libre à V. Granottier qui convoite cette source de revenus sans susciter la moindre inquiétude des édiles, qui semblent exclure à tout jamais la possibilité d'utiliser le lac pour alimenter leurs concitoyens en eau potable. Le souci de l'intérêt général dont a fait preuve l'État, propriétaire du lac, permet aujourd'hui à Annecy de pourvoir largement à ses besoins en eau.


Source :
  • Bulletin municipal Annecy, septembre-octobre 2012.

permalien : //www.killeak.net/?section=17&view=2620

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mot(s) clé(s) : annecy, ville d'- haute-savoie hier et aujourd'hui histoire lac d'annecy lyon

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