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Certes, dès la fin du 18e siècle on tenta d'acclimater des cygnes sur le lac d'Annecy, mais ce n'est qu'au milieu du 19e siècle qu'ils furent introduits durablement.
Longtemps pourchassés par les pêcheurs et les braconniers, ils auraient finis par disparaître si les autorités n'avait pas pris des mesures pour les protéger.
Actuellement [ndr: 2004] ce ne sont pas moins d'une centaine de sujets qui embellissent notre plan d'eau de leur gracieuse silhouette.

illustration 1) Annecy et son lac - Les cygnes
carte postale B.F. "à la fleur" (Berthaud Frères), éditeur à Paris

Les premiers cygnes

Une première tentative d'introduction de ces majestueux oiseaux fut faite vers 1716 au grand étonnement de nos ancêtres qui, toutefois, ne tardèrent pas à découvrir que la chair de ces nouveaux venus était comestible. L'interdiction de les tuer resta sans effet et ils disparurent jusqu'au milieu du 19e siècle. Fin février 1857, le conseil administratif de Genève offrit à la ville d'Annecy un premier couple qui malheureusement fut abattu quelques mois plus tard. L'année suivante, la Maison du roi à Turin donna un nouveau couple qui vint tenir compagnie à celui que Genève s'était généreusement empressée de remplacer. En 1893, Annecy sollicita à nouveau sa voisine suisse pour obtenir un couple qui, ne s'acclimatant pas, prit son envol en 1894 pour le lac Léman. Complaisante, Genève offrit deux nouveaux individus auxquels on coupa légèrement les ailes, « opération qui sans les déformer leur ôte les moyens de s'enfuir ».

illustration 2) Cygnes sur le lac d'Annecy
carte postale éditions La Cigogne

Le cygne, ennemi du pêcheur ?

Les pêcheurs accusaient les cygnes d'être responsables de la destruction du frai(1) du poisson, ce que dément Louis Revon, le conservateur du musée, dans un rapport très documenté de 1868. Malgré cet avis autorisé, le conseil municipal, sous la pression des sociétés de pêche, envisagea en 1905 de parquer les 25 couples de cygnes dans le Vassé (entre le pont du Pâquier et le coude du canal) pendant la période du frai(2). Toutefois, ce parcage présentant de grosses difficultés, tant au point de vue de la mise en œuvre que sur le plan financier, on y renonça. Dans le même temps, les pêcheurs ne se privaient pas de tuer les cygnes et de détruire les nichées, à tel point qu'à l'automne 1912, on ne dénombrait plus que 14 individus. Dès lors, les couvées furent confiées aux bons soins des gardes des Eaux et Forêts auxquels la Ville alloua une gratification par tête de jeune cygne vivant.


Repeupler le lac

Malheureusement, pendant la Grande Guerre, la surveillance se relâcha et les 60 couples qui agrémentaient le lac furent décimés par les braconniers. Sollicité, le directeur du parc de la Tête d'Or à Lyon offrit, en 1924, un couple de jeunes cygnes qui fut acheminé par train sous la surveillance du faisandier-chef du parc zoologique. Mais la Ville peinant à obtenir gratuitement d'autres volatiles décida, en 1928, de recourir aux mesures énergiques qui s'imposaient pour repeupler le lac. Le conseil municipal cherchait six à dix couples ; leur prix étant très élevé, on sollicita une aide du ministère de l'Agriculture, grâce à laquelle un parc fut construit sur la rive gauche du canal du Vassé, au-dessous et en amont du pont des Amours pour les accueillir et les acclimater. La ville se procura quelques beaux oiseaux auprès d'un spécialiste hollandais, au jardin zoologique du Cros-de-Cagnes et au jardin d'aviculture de Sainte-Corneille dans la Sarthe.


Les cygnes noirs en vedette

Au printemps 1999, deux cygnes noirs, vraisemblablement échappés du golf de Giez, volèrent la vedette aux classiques cygnes blancs pour le plus grand plaisir des Annéciens. Ces deux "fugueurs" disparurent aussi discrètement qu'ils étaient arrivés.
Ce n'était pourtant pas la première fois que le lac abritait ces surprenants palmipèdes, originaires d'Australie, introduits en France vers la fin du 18e siècle et domestiqués à la Malmaison en 1807. En effet, l'on sait qu'un couple de cygnes noirs offert par le parc de la Tête d'Or vivait sur le lac au début du 20e siècle.

illustration 3) Annecy - L'Île des Cygnes
carte postale Pittier, phot.-édit. Annecy

Notes :
  • (1) Très jeunes poissons,
  • (2) période de reproduction des poissons.

Source :
  • Revue municipale « Annecy » numéro 171, novembre 2004.

permalien : //www.killeak.net/?section=17&view=2669

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mot(s) clé(s) : annecy, ville d'- haute-savoie hier et aujourd'hui histoire lac d'annecy

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Vos avis, commentaires et contributions :

  • Merci pour ces documents et informations objectives je me souviens aussi de l'attitude des pêcheurs aux Eaux Mortes lors de l'implantation des castors. Croyance tenace chez eux que ces animaux mangeaient les poissons. Bon ils attaquaient surtout les arbres des vergers environnants


    • Cédric

      C'est « amusant » (avec de très grosses guillemets) comme ceux qui se présentent souvent comme les meilleurs défenseurs d'un environnement sont ceux qui, finalement, en savent le moins sur la faune en particulier et les écosystèmes en général...





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